30.11.12

justice

La résolution votée ce jour, qui fait de la Palestine un Etat observateur non membre de l'Organisation des nations unies, revêt n'en doutons pas une puissante dimension symbolique inappréciable. Les trois mots accolés dans la bible du droit international -Etat Palestine Onu- laissent franchir à l'histoire un pas décisif. Certes, il ne s'agit pas de la reconnaissance pleine et entière d'un Etat palestinien mais les mots portent en eux-mêmes, intrinsèquement, la force potentielle du sens de l'histoire.
La résolution, votée à une écrasante majorité - mais pas à l'unanimité loin s'en faut car La voix américano-israélienne... -  ne revêt pas pour autant la marque d'une hostilité à l'égard d'Israël, pas davantage qu'un blanc seing accordé à l'insécurité régionale. La paix ou plutôt la perspective de paix et de négociations entre israéliens et palestiniens (aujourd'hui totalement dans l'impasse) constituent le lit du courant qui anime le texte adopté. On pourra vaticiner sur l'emploi des mots et leur articulation -c'est d'ailleurs leur caractère aléatoire qui permet les gymnastiques sémantiques les plus ambitieuses voire opposées mais, partant, également leur neutralité bienveillante- les mots sont là désormais. Et ce n'est pas peu que de noter que le passage de "l'entité"* à "l'Etat observateur" est une avancée conséquente.
Pour applaudir, on pourrait se contenter de dire qu'il s'agit d'un simple retour aux sources, puisque l'adoption du plan de partage de la Palestine mandataire par l'assemblée générale de l'ONU en 1947 prévoyait l'établissement d'un Etat juif et d'un Etat arabe, en équivalence: ce même 29 novembre. L'Etat juif, ce sera moins d'un an plus tard; l'arabe palestinien, ce ne sera toujours pas... soixante cinq ans plus tard.
Pour s'inquiéter, on peut par exemple relever le fâcheux précédent de l'Unesco qui, ayant adopté en 2011 une démarche globalement similaire, s'est vue à titre d'agence internationale soustraite instantanément au financement des Etats-Unis et réduite de facto d'un cinquième de son budget. Mais bon, à mesurer tous les risques et vouloir s'en prémunir, aucune avancée d'aucune sorte ne serait possible. Cela est vrai de l'organisation des Etats, comme de l'existence à part entière de chaque habitant de la planète.
Pour ma part, à l'annonce de l'adoption Onusienne, je revois et revis ce moment d'exception qu'a constitué à Tel Aviv dans l'enceinte du parlement israélien un 4 mars 1982 le discours de François Mitterrand, citant pour la première fois et avec un certain courage politique on ne peut que le reconnaître, le mot d'Etat palestinien: à l'intérieur de la Knesset donc devant toute la représentation nationale israélienne. Dans les travées parlementaires et aussi dans les gradins réservés à la presse, un vent très particulier a soufflé ce jour là, ce vent de l'histoire déjà et encore. Ce souffle caractéristique, je le ressens à nouveau -non à quelques rangées de sièges de députés attentifs et circonspects mais aujourd'hui à distance d'un océan- tel qu'à chaque fois il pénètre finalement les forteresses les mieux gardées, ainsi que les murs les plus sûrement érigés. 29 novembre aussi, pleine lune.
*les palestiniens sont une "entité" observatrice à l'ONU depuis 1974

15.11.12

dialogue

" Lorsque deux amis, comme toi et moi, sont en humeur de causer, il faut en user d'une manière plus douce et plus dialectique. J'entends par "plus dialectique" que non seulement on fait des réponses vraies, mais que l'on ne fonde sa réponse que sur ce que l'interlocuteur reconnaît savoir lui-même." Platon, Ménon 
Un vrai dialogue n'est possible que si l'on veut vraiment dialoguer. Comme l'analyse de facon remarquable et très détaillée Pierre Hadot dans un de ses nombreux essais sur les philosophes Grecs (Qu'est-ce que la philosophie antique, éd. Gallimard 1996) :" grâce à cet accord entre interlocuteurs, renouvelé à chaque étape de la discussion, ce n'est pas l'un des interlocuteurs qui impose sa vérité à l'autre; bien au contraire, le dialogue leur apprend à se mettre à la place de l'autre, donc à dépasser leur propre point de vue. Grâce à leur effort sincère, les interlocuteurs découvrent par eux-mêmes, et en eux-mêmes, une vérité indépendante d'eux, dans la mesure où ils se soumettent à une autorité supérieure, le logos. (...) D'ailleurs ce logos ne représente pas une sorte de savoir absolu; il s'agit en fait de l'accord qui s'établit entre des interlocuteurs qui sont amenés à admettre en commun certaines positions, accord dans lequel ceux-ci dépassent leur points de vue particuliers. " Référence est là directement faite aux travaux de E.Heitsch, Erkenntnis und Lebensführung (1994)

13.11.12

assurance et cohérence

Première conférence de presse du quinquennat François Hollande








 



Ne pas se fier pas aux apparences, le temps long est bien une valeur d'avenir. Les chiens aboient et la caravane passe.

7.11.12