7.12.11

ombres - sombras

Jeux de lumières, de voix et de sons, de textes, de voies et d'essence, de corps envolés tournoyants ludiques.

Acte I - Le soleil a-t-il une ombre? Je veux dire intrinsèquement, une ombre qui lui revient en propre (figurée) et qui serait présente quelque part dans l'univers au gré de son évolution, selon une forme invisible à notre humaine perception, mais bien réelle? Pourquoi pas! J'y songeais, nageant avant qu'il ne se lève n'ayant pas encore émergé, je l'imaginai à l'horizon embusqué sous sa bande rougeoyante, mesurant prudent à tâtons notre surface.
Ce long filet indistinct ne serait-il pas l'ombre annonciatrice de l'astre, comme un porte-voir.
Ombre projetée.

Acte II - Kafka sur le rivage, Haruki Murakami.
"(Otsuka):
–  Votre problème, à mon avis... Votre problème, c'est que votre ombre est un peu effacée. C'est ce que je me suis dit dès que je vous ai vu. Votre ombre, sur le sol, est moitié moins sombre que celle des gens ordinaires.
–  Oui?
–  J'ai déjà rencontré quelqu'un comme ca, une fois.
Nakata ouvrit légèrement la bouche, et regarda fixement le chat.
–  Vous voulez dire que vous avez déjà rencontré quelqu'un comme moi?
–  Oui, du coup je n'étais pas tellement surpris de voir que vous saviez parler aux chats (...)
–  Ah...
–  Aussi je pense que plutôt que de chercher des chats égarés, vous feriez mieux de vous mettre sérieusement en quête de la moitié manquante de votre ombre."
Ombre manquante.

Acte III -
Je connais cette femme, je l'ai déjà vue quelque part dans la rue à Barcelone, il y a peut-être deux ou trois ans. Je l'ai vue, je l'ai même remarquée dans sa facon singulière et altière de se tenir. Alors lorsque son visage m'est apparu dès la première image du court-métrage d'Andrès Duque*, j'ai immédiatement fait le lien. Cette femme parle au monde, sans intermédiaire. Sans qu'il lui soit besoin d'inter-locuteur(s).
Ici c'est un jeu captivant de règles et d'équerres posés au sol, alignés et emboîtés, croisés également, ou animés dans l'air... indiquant dirigeant tracant, tout à tour flèches, sextant, amulettes. Avenida Paral-lel avec Paralel 10 une ligne géographique qui traverse 22 pays, dont les Philipinnes de Rosemarie la bien nommée. Film syllabique, alphabet métaphysique.
Ombre accompagnée.

Acte IV - Court métrage, le même. Il se termine par le chant assuré d'un jeune -philippin?- se produisant en karaoké sur un air de Frank Sinatra. Son image progressivement s'efface, laissant place à l'installation technique et le son reste intact.

Ombre effacée, dans le play bach dissout qui entendre, qui croire? Et surtout, à quoi se fier? Virtualités, le siècle nous interpelle à chaque instant. L'apparence elle même n'est plus certaine.
Ombre dissoute.

Acte V - Il se projette, s'envole et se déploie tout au long du mât rendu mobile par une installation sophistiquée, qu'il a concue et fabriquée de ses mains. Acrobate félin (on retrouve le chat), jongleur de postures, humoriste.
Elle joue live pianos et accordéon, s'accorde à lui, parfois enclenche "l'home que perdia esl botons"**.
Autour, une bonne centaine d'yeux, désilliés par la grâce, captés.
Magique.
Cela se produit à ciel ouvert chaque jour de cette semaine et jusqu'à dimanche dans la sobre et sculpturale entrée de la Caixa Forum de Montjuic. Si vous lisez ceci et êtes à Barcelone, courrez-y!
Tout de suite je pense à Tati, Jour de Fête, le lien avec le cinéma est pour moi évident, plus encore avec le muet. Je m'en ouvre à l'acteur qui conduit la compagnie Circ Pànic:
– ...et avec un grand écran en transparence sur lequel serait projeté simultanément la performance...?
– Oui, comme en ombre chinoise! acquièsce réfléchissant Jordi Panareda.
– Voilà, avec le musicien (musicienne en l'occurrence, Claudia Gómez Blasco qui inaugure cette session live et, selon moi, cela change tout) jouant en pied d'écran comme à l'époque du muet.
Spectacle spectaculaire et cinématographique, enchanteur. Enchanté!
Ombre portée.

Gare à ton ombre !
Cuidado con tu sombra, hombre !

*Paralelo 10 (2005) projection 10h-21h jusqu'aù 31 décembre (Caixa Forum de Montjuic)
**"l'home que perdia esl botons...", les boutons représentant ici une allégorie, il s'agit en fait de l'homme qui se dénude -se défaisant...de ses défenses précisement, soit de ses oripeaux  (déf. dictionnaire au figuré: ornement trompeur, faux éclat masquant le réalité). L'homme se présente comme nu, car unique valeur réellement existante.

5.12.11

uno, dos, tres y cuatro

Barcelona bogatell ce jour
de 7h40 ...



... à 8h06


...on est toujours le sud de l'autre

"Según el Daily Telegraph el Gobierno británico prepara planes de evacuación de sus ciudadanos de países del sur de Europa en caso de explosiones sociales subsiguientes a la desintegracíon del euro." La Vanguardia qui publie cette information "surprenante" ne doute certes pas que l'Espagne. au même titre le Portugal, la Grèce voire l'Italie, soit tout à fait sudistes, mais ne précise pas si la France... ¿ est un pays du sud ou du nord ? Et je suis bien incapable de répondre moi-même à la question (que pourtant je formule)! Aussi, si quelqu'un(e) parmi vous...
La France a la caractéristique, climatique du moins, d'être un pays tempéré. Si l'on s'accorde à cette singularité, peut-on l'extendre à la géographie par une qualification de "l'un et l'autre" en même temps. Ceci ne doit donc ni rassurer ni inquiéter (ou au contraire Si, les deux en même temps) nos compatriotes, juste rappeler qu'on a beau se croire -ou pire se penser (panser?)- au nord, on est toujours* au sud de l'autre.
*partout sur la planète

2.12.11

l'ami Moussa

Il est arrivé à point nommé, avant la chute -de rien, de rue- et m'a proposé de me loger trois semaines dans l'appartement vide qu'il vient de quitter avec sa famille pour un autre plus spacieux. Ce matin, je me suis levé et ai couru vers la mer, trois minutes à peine, l'eau était chaude (si tan es verdad, caliente!) dehors ca frissonnait, dur d'en sortir. Cependant, bon je l'ai échappé belle, j'étais à deux doigts et je ne risque pas d'oublier, ca marque, ca panique, ca tétanise. Merci Moussa, ami de fraîche date, comme quoi,

escenografia

Le discours de Sarkozy fait la une du El Periodico de Barcelone (El Pais également) aujourd'hui. La Une mais pas seulement, aussi son "épilogue".
A ce propos je recommande la lecture de l'excellente déclinaison-analyse de Ségolène Royal -comme d'hab (nda)- "Un oral de rattrapage complètement raté" qui reprend point pour point le discours de Toulon Acte 1 (2008) et la liste des 75 discours sur la crise (!) prononcés depuis. Words! words! words! Savoureux.

l'ami Jean*

Avant le vol, la perte, l'urgence...
Dimanche 27 novembre 20:00 Caixa Forum, montjuic Barcelone
Cher Jean, image matinale, je me baigne chaque lever de soleil dans la mer d'hiver, yes!
Sinon, cela fait 2 mois maintenant que je vis seul... Ca, ca va, mais les fêtes approchent, je redoute un peu cette période, loin des miens et eux à proximité et je les verrai pas à Barcelone. Je crois qu'il vaut mieux que je m'éloigne, vers chez toi penses-tu, au S., mais seul là haut, je ne sais pas? Je te dis cela comme ca, juste pour en parler ensemble, que tu y penses éventuellement ou que tu en parles avec I.. Bref voilà, sinon, la vie est toujours "étonnante". A big hug ami des dunes et tout de bon. A.

Mardi 29 novembre 21:13 M-sur-R canton de Vaud CH
Cher Alain. Merci pour ces photos, le soleil et la mer - très dépaysantes, même si ici le temps est très doux et ensoleillé depuis un mois, on ne sent pas du tout l'hiver venir. Je pense bien à toi depuis notre téléphone par skype -à te lire j'ai l'impression que tu prends le bon côté des choses- et que cela t'est bien rendu par la vie.
C'est mon frère Y. qui va monter au S. du 22 décembre au 3 janvier avec sa femme et leur fille K., et moi je monterai ensuite avec I., jusque vers le 7 ou 8 janvier -et pour les fêtes de Noël pour la première fois on va aller en hollande dans la famille de I. et chez ses amis- je me réjouis de découvrir ce pays à cette période de l'année -surtout que j'ai commencé depuis quelques semaines des cours de néerlandais- le 30 décembre je vais revenir en Suisse avec mes enfants car ils veulent être avec leurs copains pour Nouvel An. I. restera en Hollande avec sa soeur- voilà pour le programme.
Si tu as envie, tu peux venir chez moi dans mon humble demeure à M-s-R pendant cette période, pas de problème - pour être ensemble le jour de Noël ça va pas être facile car on sera en hollande, mais pour le w-e du Nouvel An, on peut faire quelque chose ensemble, aller marcher dans la montagne ou méditer dans un monastère? je n'ai aucun plan pour le moment. On peut s'appeler par skype, je suis là le soir, et aussi ce prochain w-e.
Tout de bon à toi, bonnes forces, je t'embrasse, à la prochaine, Jean

Mercredi 30 novembre 21:36 Blu, poble nou Barcelone
Merci Jean, tu es si spontanément accueillant et fraternel, cela m'émeut je t'embrasse A.
Pour skype, oui nous pouvons parler pendant le week-end, il faut simplement que l'on convienne d'une heure car je n'ai plus d'ordinateur (voir mon blog) et aussi plus d'argent car cette nuit mon compte a été siphonné!
Ainsi va la vie, elle continue, malgré tout.

Après le vol, la perte, l'urgence...
Jean lit mon blog -le vol la perte l'urgence- et me répond aussitôt.
Mercredi 30 novembre 21:36 M-sur-R canton de Vaud CH
On peut se parler par skype samedi soir ou dimanche - samedi 18h ça te va ? Si tu n'as plus d'argent, je peux éventuellement venir quelques jours dans ta direction autour du 30 décembre jusqu'à début janvier, à voir.
Oui, la vie continue - tout de bon et à bientôt, Jean

Jeudi 1er décembre 12:55 biblioteca M.Arranz, poble nou Barcelone
Hòla Jean, compagnon des dunes et des cimes, oui c'est parfait samedi 18h.
Pour ce qui est de n'avoir plus d'argent, en effet, mais plus grave que cela, à partir d'aujourd'hui je n'ai même plus de logement! J'avais un studio parfait près de la mer -donc j'allais me baigner chaque matin + méditation + qi cong sur la plage!¡- mais le propriétaire vient de rentrer de voyage. À l'heure où je te parle je ne sais pas où je vais dormir ce soir et je n'ai évidemment pas un sou pour payer la moindre pension, même une nuit. Je n'ai jamais connu une telle perspective! Enfin disons, à un tel point. Je contacte des gens que je conais ici pour m'acccueillir quelques nuits et c'est a,lors que je m'apercois que je n'ai même plus de crédit dans mon portable! Tu vois, c'est incroyable... en même temps, je ne peux m'empêcher de penser à tous ces gens qui galèrent sur la terre pour simplement survivre, je me sens proche d'eux et me dis que cette expérience doit (m')être profitable et enrichissante (pas au sens littéral!). Avant, la détresse humaine je la voyais conceptuellenent, même s'il m'est arrivé d'aider et de partager, mais le fait d'y être soi-même prend une toute autre dimension. Peut-être dois-je en faire quelque chose sur le plan littéraire -bien grand mot, au niveau de l'écriture disons- mais je ne peux en établir le projet actuellement, car là, tout de suite, je suis un peu nerveux, tout de même. Donc rendez-vous samedi 6pm, je trouverai un endroit...
Ah, mais non, c'est impossible! JE N'AI PLUS D'ORDINATEUR donc plus de skype, plus rien. Et là où je suis, dans la bibliothèque municipale, il n'y a pas skype installé sur les ordinateurs à la disposition du public (because of silence I suppose) Donc comment faire? Je ne sais pas Jean, je ne sais vraiment pas. Je vais réfléchir, déjà trouver à résoudre l'urgence, et je te recontacte via email, c'est le seul moyen d'accès gratuit dont je dispose car je n'ai plus de crédit sur mon téléphone portable. D'ici demain ou après-demain, j'aurai trouvé une solution. Je l'espère en tous cas... non, j'en suis sûr.
Allez, tout de bon mon ami A.

*Il ne s'agit pas d'une publicité indirecte pour le néannmoins excellent restaurant éponyme du 15º arrt de Paris, basque et chaleureux où j'eus à deux reprises mes habitudes: durant les périodes bénies à la création de FIP (1971-1972) et France Inter (1972-1973), puis à nouveau à l'époque FR3 (rue Francois 1er) pour la création de Soir3 et  ses sept premières et glorieuses  années (1975-1982)

30.11.11

à tout ... malheur est bon?

(vol ordi suite) Souvent j'écris -j'écrivais jusqu'à hier- sur le notebook relié à l'internet wifi bien calé sur les genoux... une menace potentielle et sournoise serait ainsi radicalement déjouée, vol envol

29.11.11

¿déconvenue? ¡réassort!

De bon matin, je nageais, à bogatell. Lever de soleil confondant et relativisation des aspects de la vie, rien à dire ni se plaindre ni regretter ni protester, finalement.
Pensée: aujourd'hui j'envoie un dernier e mail collectif avec quelques éléments sonore/image magnifique (texte lu + musique) et basta. Je passe au blog - à nouveau, après tant d'arrêts et de reprises, up and down comme moi - et je m'y tiens, discipline quotidienne, si possible - vecteur unique pour m'adresser à tous, donc à chacun(e) et à moi-même en particulier. Surface d'échanges (on verra bien, je n'y crois guère, espère toujours) aussi. Surtout? Entonoir par lequel tout pourra passer, etc etc je rêve... ai une pensée pour Doubrovski, Bourbon-Busset (genres opposés, du coup on imagine la palette de latitude ouverte, pour moi bien entendu) et d'autres, et me dis ¿après tout, pourquoi pas moi? Orgueil fatuité exhibition dandysme, un peu de tout oui, et aussi, urgence survie opportunité connexion, bouteille à la mer. Braver la solitude, exercer les sens.
Fort de l'intention (bonne) je me rends à la bibliothèque Manuel Arranz de Poble Nou, allume mon note book attends qu'il se déploie et prépare avidement mes doigts... vais rapidement aux toilettes, la porte d'à côté, reviens: plus de note book, disparu, envolé, volé.
Ce matin, prenant mon café - après une demie-heure de méditation, puis le bain méditéranéen au lever du soleil (qui se lève toujours même si on ne le voit pas et il se trouve qu'aujourd'hui il était bien visible, je peux en témoigner pour l'avoir photographié et je comptais d'ailleurs joindre ici une photo mais... lire la suite) je faisais, à la veille d'un nouveau xxx déménagement, l'inventaire de Tout ce que j'Avais de ce que je Possédais - ¡que de pensées ce matin! - et le tour fut rapide très rapide: hormis quelques affaires, vêtements et objets à remplir une valise ou deux, mon matériel pour écrire, computer donc plus une imprimante/scaner et un disque de sauvegarde (très chic, signé Philippe Starck, quelqu'un que j'admire beaucoup non pour ce qu'il produit, je n'y connais rien et en plus je ne pas sûr d'avoir jamais rien vu de tout ce qu'il a créé ¡à part une chaise! mais dans ce qu'il dit et aussi de temps en temps, fait... en même temps je le soupconne d'être assez bidon - peut-on être génial, talentueux, créatif et bidon? Réponse: oui. P.S. par exemple), et... et c'est tout, rien de plus. Pas grand chose donc sur le plan matériel, sur d'autres plans non plus, j'aurai (assurément) l'occasion d'y revenir.
Et-voila-t-y pas que ce seul espace libre d'écriture qui convient pile poil à ma vie nomade depuis quelque temps, m'est dérobé.
Je m'entretiens avec le bibliothécaire, Carlos, jeune catalan sympathique, il compatit, me dit que c'est déjà arrivé, qu'ils vont placer une recommandation de prudence sur les tables ,etc Je le libère aussitôt de son empathie sincère, lui dis: c'est un signe c'est toujours un signe - une chute un vol un heurt un choc - tout est bon pour qui s'en saisit. Je dois donc m'en saisir, soit repartir à zéro, sans mémoire ni référence, à mains nues. Rebelote (pour moi, tribelote au moins). Il me fait l'accolade. Hug, pensais-je.
Tout est bien ! On commence.
À la prochaine, demain au plus tard.

26.11.11

portrait de psy

Ce portrait de psychanalyste est parfaitement fidèle, il reflète contours et abstractions. L'esthétique des formes et des couleurs ajoute à une certaine douceur, qui tranche radicalement avec la réalité du Sujet (…) Tentant de prendre à la dérobée le cliché photographique de mon psychanalyste ouvrant la porte de son cabinet, j'obtins ce résultat déroutant et somme toute inespéré.
En fait de portrait du thérapeute, je saisis la photo, de l'analyse en cours... Scanner métaphysique intraconscient ! Mieux, l'analyse se planque sous des dehors -couleurs et formes donc- convenables et urbains. Pour déjouer les pistes ? Œuvre d'art auto saisie.

23.11.11

un chiffre se doit d'être précis

Souvent j'ai apprécié les articles de Sorj Chalandon publiés dans Libération. Le prix Albert-Londres en a sanctionné l'exceptionnelle qualité et à deux reprises, mazette. Sorj Chalandon est aussi écrivain. Il a donc atteint le rêve secret de chaque journaliste : devenir écrivain. Je n'ai -à ce jour donc rien n'est perdu- lu aucun de ses livres. Cependant une mention critique a attisé ma curiosité dans une récente livraison du Nouvel Observateur : « En chiffres. Sorj Chalandon, né en 1952 etc (…) Il a publié chez Grasset le Petit Bonzi (2005), Une promesse (prix Médicis 2006) et Mon traître (2008, 30 000 ex. vendus). Retour à Killybegs a été tiré à 31 000 exemplaires ». Tiens tiens 31 000, que voilà-t-il pas un chiffre d'une remarquable précision ? On notera 31 000 tirés, par différence avec 30 000 vendus, ce qui interpelle bien sûr. Ce qui est en jeu, c'est ce millier de lecteurs, à conquérir ou perdus d'avance ¿? Trente mille eussent suffi à indiquer la vaste diffusion, et partant, la notoriété confirmée de l'auteur (« bankable », as one said). Mais il y ce 1 000 qui vient s'interposer comme un bâton dans la roue empêchant l'essieu (les cieux) littéraire de se mouvoir sereinement. La question qui me vient gravement : qui a décidé ? L'éditeur, et dans ce cas pourquoi* ? Le magazine N.O. et plus précisément le journaliste (écrivain?) signataire de l'article critique Bernard Géniès, et dans ce cas pourquoi ? Une « coquille » tout simplement, et dans ce cas pourquoi pas.

*une suggestion (nda), les autres manuscrits ont tous été tirés à 31 000 ex. et 30 000 d'entre eux furent vendus

22.11.11

back again

Je reviens,
 à demain.

23.2.10

et voilà que...

...l'idée de Plan revient sur scène.
Je l'avais - humblement et néanmoins clairement - anticipé dans un post à la fin de l'an dernier : réhabiliter le Plan pour faire face aux désordres conjoncturels, erratiques et surtout formellement contradictoires entre financiarisation planétaire et économies multinationale et plurinationale, et que cette idée allait bientôt ressurgir. C'est fait! Ce matin même au  micro de France Culture, Alexandre Adler a conclu son éditorial consacré à la fermeture de raffineries - due en particulier à la baisse globale de consommation d'essence - sur ces mots : "L'idée de planification devrait se substituer au fonctionnement brutal des critères de marché."
En effet, au cours de la précédente décennie*, j'écrivais : "Je me souviens... il y avait en France dans le temps (au siècle dernier !) un Commissariat au Plan, dont l'objet était justement de “planifier” les politiques d'intérêt général sur le long terme, bien au delà des échéances politiques." Plus loin, j'ajoutais (grave, je me re-cite) : "Moi, je suis prêt à parier qu'on ne va pas tarder à en reparler d'un Plan, et de ses bienfaits !" Du temps du général De Gaulle, on parlait de "l'ardente obligation du Plan". Ardente, en effet, expression à (re)consacrer, à côté de fraternité, par exemple.
C'était mon quart d'heure de (auto)satisfaction. Au delà, je me réjouis que le bon sens émerge doucement. Tout doucement, ne rêvons pas non plus.

*19 décembre 2009, l'extrême fin de la décennie tout de même. 

21.2.10

ubiquité













*subtile façon d'accrocher le lecteur au post-génocide(s) du Rwanda qui n'en fini(ssen)t pas d'interroger notre mauvaise conscience, "accroche" sans laquelle bien peu de lecteurs en vérité...

Photo de Valentine, au centre, à l'église Saint-Roch - en pleine convers avec marie (ndlr). 
Je termine tout juste, partagé, la lecture de l'article sur les rêves noirs de la voyante, quatre pages consacrées à "Valentine Nyiramukiza (qui) avait eu la vision des prémices du génocide au Rwanda*" dans Le Mag Reportage, supplément fim de semana de Libération... 
et plonge dans Un homme qui dort de Georges Perec et, dès la huitième page de l'édition folio,  lis : "Deux heures sonnent au clocher de Saint-Roch. Tu relèves les yeux, tu t'arrêtes de lire, mais tu ne lisais déjà plus depuis longtemps.":..
Quelqu'un peut-il m'expliquer ?

8.2.10

la France que j'aime

Martine Aubry interrogée il y a peu sur l'Identité Nationale, apparut perplexe comme désarçonnée, à moins que ce ne soit l'irritation - ou pire la lassitude - et répond d'un revers de main, comme d'une gifle d'évidence : "C'est la France que j'aime !" * Hé oui, c'est la France que j'aime moi aussi, vous aussi, les autres aussi... tout le monde. L'identité nationale, c'est le pays qu'on aime, celui qu'on adopte et qui vous adopte. C'est donc une co-adoption, et aussi une co-adaptation, de part et d'autre. C'est vrai des français, comme de tous les pays au monde sans exception. Demandez à un allemand, un italien, un marocain, un péruvien, il répondra exactement la même chose... Et, à un Catalan tiens, demandez-lui le pays qu'il aime... là on va vraiment entrer au cœur du sujet. Et, à quelqu'un qui détient la double nationalité - ca existe, je ne m'abuse pas ? / j'ai deux z'amours / - il vous dira que... / entre les deux / mon cœur balance /
Au delà des pays, j'inclurai les régions. Par exemple moi, au Pays basque ou dans les Charentes, je me sens chez moi. Donc, aussi région. Mais attention, la nôtre et celles des autres également... car pardon de me re-citer (réciter !), quand je me promène en Alsace, dans les Alpilles, en Haute-Savoie, sur le lac d'Annecy ou du Bourget, je me sens aussi chez moi. Et, que dire des régions que je n'ai pas eu l'occasion encore (?) de visiter, le risque est patent que je m'y sente aussi chez moi. Grave, limite hors-la-loi.
Je suis né à Paris, enfin je crois - c'est ce que l'on m'a dit, je n'ai donc aucune raison valide d'en douter - donc j'ai la chance d'être de partout à la fois. Je n'en sais pas beaucoup plus. Or là, je m'inquiète ! Si d'aventure ON me demande - au moment de renouveler mon passeport ce qui va immanquablement arriver puisque je vis "à l'étranger" aie aie aie - de Prouver mon Ascendance française, j'en serai bien incapable ! Je ne connais même pas la date de naissance de mes grands-parents, encore moins leur lieu de naissance ? Bon, ca encore je pourrais les retrouver, en cherchant un peu, en questionnant ici ou là... mais guère plus. Alors, quand je vois que même en présentant des papiers légaux et officiels délivrés par les autorités françaises d'aujourd'hui, d'hier ou d'avant hier - mais c'est la même chose non !?- bon nombre de citoyens français se voient mis en doute, en péril, en accusation, en défiance, et donc refuser le renouvellement de leurs papiers, je m'interroge, profondément perplexe : mais c'est quoi alors être français ?! Et c'est là que je me dis, tiens, ce serait une rudement bonne idée de lancer un grand débat sur l'ident... pardon, la citoyenneté.
Pays, Région et Ville. Pour être tout à fait complet, j'ajoute Quartier(s) et Arrondissement(s), au pluriel possiblement, car bien entendu je change de quartier, mais aussi de ville, de région et même (beaucoup) de pays. Ça se complique.
Une autre idée, en parallèle du débat sur la citoyenneté nationale (néologisme volontaire) le sur-ministre de l'intégration pourrait organiser des dîners citoyens ! des happening citoyens ! des nuits blanches citoyennes ! des nuits de couleurs citoyennes ! avec du bleu, du rouge, du blanc, et du noir, et du chocolat, et du marron,  et du café au lait, etc. Ce serait joli.
Parce qu'un dîner "identité"... quelle horreur !! Déjà que pour s'y retrouver soi-même avec son identité - qui suis-je, d'où viens-je, où cours-je, dans quel Etat j'ère ? - c'est toute une vie de boulot ! Si on y ajoute la Nation, sûr que personne - je dis bien Personne - ne s'y retrouve.
Enfin, mais je n'en termine pas - c'est infini ces sujets-là - je voudrais faire partager une petite lueur de "la France que j'aime", quelques minutes pas plus... C'était sur Canal+, dans l'émission dominicale d'information, une simple évocation par les faits : simplicité, élégance, altruisme et compassion, mais aussi efficacité et diplomatie durable. À Haïti, bien loin apparemment des méthodes ranger et marines. Et là, soudainement, je me sens fier d'appartenir à la communauté nationale. C'est ici, cliquer un petit coup. Oui, il y a décidément mieux à faire que débattre dans le vide sur un non sujet, qui plus est, sans objet.
*avant, bien entendu, que le PS n'en fasse un slogan

3.2.10

solution! inviter le Dalai Lama à l'ONU

La Chine s'oppose "fermement" à ce que Barack Obama (prix Nobel de la Paix) rencontre le Dalai Lama (prix Nobel de la Paix). Puisque cette question est insoluble, dans le sens qu'elle "ne peut être dissoute dans l'eau" (bénite ou non) pourquoi ne pas inviter une fois pour toutes le Dalai Lama devant l'Assemblée Générale de l'ONU. Certes, cela ferait quelques remous... mais, avantage indéniable, en une seule fois et sans doute définitivement. En effet la Chine - et quelques uns de ses satellites affidés - claquerait bruyamment la porte, pour revenir bien vite par la fenêtre. Une fois le choc passé, on serait débarrassé de cette question diplomatico-récurrente qui se pose à chaque responsable politique occidental (pour le moment encore) quel qu'il soit et où qu'il soit.
Tant qu'à faire de s'attirer les foudres de Pékin, autant le provoquer à près de deux cent pays, les risques de rétorsion bilatérales en seront singulièrement réduits... Pratique d'un multilatéralisme de bon aloi.

2.2.10

et surtout, restons entre nous!

"La BCE souhaite le secret pour certains sauvetages de banques", titre l'article de l'agence Reuters de Francfort, daté du vendredi 29 janvier 2010 17h32.  
"La Banque centrale européenne (BCE) a plaidé pour que la future directive européenne sur la transparence financière autorise les banques centrales à garder le secret sur des plans de sauvetage bancaire lancés en urgence. Dans un avis juridique publié sur son site internet vendredi, la BCE estime qu'"il y a lieu de maintenir la confidentialité des informations portant sur les prêts ou les autres facilités de liquidité accordés par une banque centrale (...) y compris l'aide d'urgence en cas de crise de liquidité, afin de contribuer à la stabilité du système financier dans son ensemble et de préserver la confiance du public en période de crise" Elle ajoute "qu'une évaluation de la nécessité de divulguer l'information au cas par cas est susceptible de mener à une impasse lorsqu'une réaction rapide s'impose.""
L'Avis de la BCE - texte intégral (texte court et non rébarbatif, je précise) publié au Journal officiel de l'Union européenne du 26 janvier, en son paragraphe 2.2. intitulé "remarques particulières" - est signé Jean-Claude Trichet, en date du 11 janvier.
Quel commentaire ajouter, tout le monde aura compris, évidemment. Ce que je veux simplement souligner d'ores et déjà, c'est le caractère courant, voire banal, d'une telle note qui reflète parfaitement ce que l'on décrit à bon endroit comme la "pensée unique". Du coup, bien entendu c'est encore pire, puisque cela sous-entend qu'il n'y a là... rien d'exceptionnel. Rien, en effet.
Pour les amoureux de la sémantique - dont je m'enorgueillis bien modestement d'être - je recommande la lecture attentive de tout ce paragraphe dans sa version originale. La tournure de chacune des phrases, l'emploi des mots et leur circonvolution, est un formidable exemple de l'esprit dominant, c'est tout à fait prodigieux. Je le conserve précieusement pour, peut-être bien, une prochaine conférence... ou une formation que j'affectionnerai particulièrement comme : "structure du message, élaboration, sens caché et emploi".
Et en attendant, comme le dit fort à propos notre ami Jérémie M.-P. qui a eu l'heureuse initiative de me transmettre la dépêche Reuters ,"dormez bien braves gens..." car nous, on s'occupe de tout.

28.1.10

ce que je crois (art.19478 ou 9 sais plus...)

Ce sont quelques mots lancés dans l'océan de l'actualité - amoncelés comme sur l'infinie décharge dont se nourrissent les affamés, on ne saurait plus (très vite) en retrouver la trace, l'origine- et que je saisis donc avant broyage et extinction. C'est un état que je ressens plus fortement à présent,avec acuité, avec gravité même, l'état encore possible (?) de la différenciation, de la hiérarchie (ici de l'information). Tout se côtoie, se cumule, s'interchange. Était-ce hier ou il y a un an ? Établir un degré, une priorité, comment ? Durablement, mot désuet.
Donc je capte et retiens, sans hasard : "Dans les Balkans, qui ont été le théâtre de conflits cruels, il y a une fatigue du laxisme. C'est une région très dure, autoritaire, cruelle et épique. Et l'Europe n'a pas su gérer cette région du monde. Nous souffrons de son indécision permanente à notre égard. C'est une politique souvent contradictoire, illogique. Les pays occidentaux veulent de nous dans l'Europe, puis non. Cela crée dans cette péninsule, qui est dans un état très inquiétant, une fatigue de la démocratie." Fatigue de la démocratie... Il faut avoir le talent (aussi la vie) d'Ismail Kadaré pour parvenir à synthétiser avec tant de justesse ce qui constitue à mes yeux la plus grave menace qui nous guette. Nous, c'est à dire tous ceux qui de par le monde disent : "oui, on verra on verra... " Il parle de l'Albanie, et moi instantanément je pense à la Turquie. Et -une nouvelle fois, encore une fois, tant de fois (hommage à Bashung) - je me suis dit : Au nom de quoi donnons-nous des Leçons ? Notre histoire ! Mais Tous ont une Histoire. Notre Position ! Mais, quelle était-elle hier encore ? Et Demain... Notre légitimité ! Mais, aucun homme n'est supérieur à un autre.
Menace grave, oui, celle qui guette nos vanités, nos petits conforts et nos orgueils infondés. Attendons-nous donc à terme* à ce qu'Ils nous envoient tous balader. Car nos référents ne sont pas éternels. Nous ne faisons que passer, locataires sans hypothèque. Et puis un contretemps est si vite arrivé. Un détail, rien, un tremblement de terre, une irruption volcanique, un tsunami, quelques incendies continentaux ou inondations urbaines... Rien n'est acquis, n'oublions pas. Et là, qui s'en sort le mieux ? Qui résiste, s'adapte, comprend, patiente, partage, temporise et croit ! Déjà, nous ne savons même plus les produits de saison. D'ailleurs ,à dire vrai, nous ne savons plus grand chose de notre base vitale, finalement. Tout cela devrait nous inviter à plus d'humilité, troquer nos moulinets par des tentes communes, ouvertes aux vents.
L'autre (Berlusconi) disait : "ils ont de la chance de pouvoir faire du camping..." Comme dormir à la belle étoile. Mais qui ? Tiens, encore un mot qui s'emboîte à propos dans mon post (à galène, car en pension j'écoutais la nuit sous la couette les séries radiophoniques sur France II radio), celui du chanteur et compositeur berbère du groupe Tiraniwen : "Pour moi, la liberté, c'est d'être indépendant, de n'importe quelle façon. Pas forcément de vivre dans un désert, parce que quand tu vis comme ca, tu as toujours besoin des gens, tu as toujours besoin d'eau, toujours besoin de médicaments, toujours besoin d'un renseignement, et cela veut dire que tu n'es toujours pas libre."

*pour les prévisions du "terme", se référer aux prévizionnistes professionnels parmi tous ceux qui se trompent régulièrement - ou qui manquent ce qui est autant - et se relèvent illico la vague passée.

26.1.10

cadrer

Le Grand Journal hier, peu avant la prestation du Président de la République sur TF1 face à Jean-Pierre Pernaut et les français. Sur le plateau de Canal+, des journalistes de radios, professionnels aguerris - éditorialistes et interviewers - qui débattent (?) sur le thème : "Un Journaliste digne de ce nom doit-il recevoir le Président dans son studio ou peut-il accepter de se déplacer à l'Élysée pour l'interviewer !?" Question profonde s'il en est, qui traite de l'indépendance des médias à l'égard du pouvoir. En fait, la question est particulièrement mal posée - une fois n'est pas coutume pourtant chez Michel Denisot dont on apprécie ordinairement l'élégance et la finesse gentiment moqueuse - et d'entrée, elle engage une mini-rixe incongrue, limite surréaliste, entre Jean-Pierre Elkabbach (E1), que je connais (j'y reviendrai), et Jean-Jacques Bourdin (RMC), ce dernier ayant publiquement (?) reproché au premier de s'être rendu à l'Élysée... Aussi, également présents, Nicolas Demorand (France Inter), Jean-Michel Apathie (RTL). D'où donc la rixe verbale et l'inintelligible micro-débat qui s'ensuit : “Et vous, y seriez-vous allé ?” Très genre question du 20 h de France 2 affichée sur Internet : oui, non, sais pas.
Mais, dépassons... Le singulier fut ma propre réaction. Très mal à l'aise au spectacle de ce débat, je me vis soudain submergé de souvenirs enfouis - oui que je croyais bien oubliés, mais l'oubli est affaire de conscience - qui remontaient tranquillement intacts à la surface, me remémorant au passage quelques épisodes bien sentis de la "confraternité" professionnelle, lorsque je sévissais dans ces mêmes médias. Entendant Jean-Pierre Elkabbach, qui pratique inconditionnellement et de façon consommée l'art du miroir - ego dans le miroir que je te tends -, lancer un vibrant appel à l'éthique, la confraternité, l'indépendance -"Pensez, j'ai été viré par quatre présidents !"- la hauteur de vues... etc, surgit en effet, tel le diable de sa boîte, une scène vécue à l'Élysée (déjà) dans les années septante. Nouvelle formule moderne (car, à chaque fois, on inaugure une nouvelle formule moderne, "innovante", jamais vue auparavant, etc etc) de rencontre télévisuelle entre Le Président de la République Française et le, ou les, journaliste de service. J'emploie à dessein le terme de service, car franchement, je ne vois comment en décrire autrement l'usage. Je m'inclue, j'y étais...
Donc, disais-je, nouvelle formule : Giscard face à quatre journalistes, un par chaîne. Mais il n'y avait que trois chaînes, me direz-vous, La Une, la Deux et la Trois ! Oui, mais c'est faire peu cas de la subtilité organisationnelle de l'émission, hyper-préparée et surtout très "cadrée". Cadrer le débat, principe sacrosaint de celui - "de service" - qui prétend ainsi au repas du Roi. En l'occurrence, ce rôle était dévolu à Jean-Pierre Elkabbach, qui en compagnie de Son inséparable Alain Duhamel - je te tiens tu me tiens par la barbichette... et à compter les décennies la prise doit être bien solide - devait officier. Avec, pour faire valoir "de service", Emmanuel de la Taille, journaliste estampillé économique, inoffensif en l'occurrence - je veux dire ici inoffensif non dans le sens de sa qualité professionnelle peu contestable, mais de sa technicité "nécessaire en l'occurrence", c'est à dire non critique à point - et moi-même, “de service” par le seul fait qu'il y avait quand même trois chaînes... et que la dernière FR3 était dotée depuis Janvier 1975 d'un Journal Télévisé national dénommé Soir 3, à l'audience certes relativement confidentielle mais dans lequel je chroniquais politique quotidiennement et où j'assumais la direction du service politique, soit moi et moi. En tout, deux, miroir quand tu nous tiens...
Elkabbach, et subsidiairement Duhamel mais qui restait toujours plus discret ou disons moins démonstratif dans ces questions "organisationnelles", définit le cadre : Aucun Contact Préalable Avec l'Élysée : ”Ô grand jamais, ils ne connaitront pas nos questions...” et préparation Très Pro entre nous quatre, soit deux réunions ad hoc au café du coin - époque Cognacq-Jay - pour lister les questions, et surtout, se les répartir...
Je m'enorgueillis de participer ainsi à une grande Première, et toute la rédaction derrière moi, honorée d'être ainsi représentée (donc implicitement reconnue) à la Cour. Orgueil non feint, du fait, vraiment innovant pour le coup, que Le Président ne saurait rien de nos questions.
Nous fîmes affaire entre nous, je recueillais les restes... soit des questions diteS d'actualité secondaire, sans aucune perspective de reprise (autre obsession parano du de service), ce qui était déjà bien, eu égard au statut de strapontin qui m'avait été dévolu. FR3 seulement, n'oublions pas !
C'était donc Giscard à la barre - soit Président de la R.F. - vers le milieu de son mandat. La révolte grondait dans les hauts fourneaux, entendez le bassin houiller Lorrain mis à mal par les coups de boutoirs conjugués de la première crise pétrolière mondiale, de la guerre économique issue de la nouvelle mondialisation (compétitivité, mais aussi concurrence, gaz, électricité) et d'un chômage installé de longue durée, croissant inexorablement dans les zones les plus touchées. Sujet explosif, tout le monde y pensait, personne n'en parlait. Bien téméraire eût été celui (de service) qui aurait abordé le sujet frontalement avec Le Président.
Fièrement, le jour dit, je me retrouvais assis à la gauche d'Elkabbach, central avec Duhamel, de la Taille à droite. Introduction, emphase, ampoule, éthique (toujours)... les grandes questions, l'avenir, le monde, le Roi et Moi (miroir). Et, finalement, il fallut bien lui donner sa pâtée (micro) au petit dernier... Question d'actualité : la crise sidérurgique et son dramatique impact social. Je plonge les deux bras en avant dans la mare aux canards. Je décris, développe, et dramatise bien évidemment. Car, le micro, je sais que je ne vais pas le revoir de sitôt. Les yeux dans les yeux : "...alors, Monsieur le Président, que comptez-vous faire...?" Lui, regard d'acier, tireur à la chasse quelque part en Afrique. S'ils avaient pu, ses yeux, ils m'auraient transpercé. Mais bon, je m'y attendais un peu. Il répond. Vague, presque hors sujet. J'y reviens... et là, surprise, Elkabbach m'arrête. Il "recadre" le débat. Stop, assez joué ! J'y retourne, quand même... Giscard m'incendie, Elkabbach suffoque, Duhamel se trémousse, de la Taille assiste. Point final. Le micro, unique - subtilité organisationnelle - passait de main en main... je ne le reverrai plus. Main qui donne et main qui reprend. La semaine suivante dans un bref encadré, le Canard Enchaîné salue ma "performance". Descente aux enfers, coup de grâce ! Pour moi, point final. Triquard de service, le resterai jusqu'à la fin du mandat de Giscard. L'arrivée de Mitterrand en rajouta une couche... je finis en lambeaux à l'automne 82. Démission, départ du service public, fin de partie. Je changerai de maison, de métier, de passion. Autre histoire, autre vie.
Décryptage : les deux réunions de préparation entre journalistes interviewers - dans l'indépendance farouchement revendiquée - avaient de fait pour but de bien lister toutes les questions, car... l'avant-veille du débat, le de service se rendit à l'Élysée, y rencontrât - inopinément de façon informelle - le conseiller porte parole "de service", avec lequel il pût à loisir échanger sur nos intentions et Ses desiderata. Et, à notre ultime réunion, une question additionnelle surgit informellement inopinément - ah oui, très intéressante cette question... - et il fut convenu que ce serait Duhamel qui la poserait.
Voilà, telles que les choses se sont passées. Mais voilà surtout tel que les choses se passent, généralement, à quelques variantes techniques près. Ce qu'il faut tenter de comprendre, c'est que nous sommes un bien curieux pays et un peuple tout autant particulier : monarchiste et républicain, déférent et satyrique, frondeur non réformateur, pétri de contradictions. Les journalistes - je parle de celles et ceux qui sont les plus en vue, bien entendu - sont aussi des représentants, même à leur corps défendant, d'une gestuelle qui se veut sophistiquée... mais qui n'est qu'orgueil, contentement et vanité. La Cour reste le champ d'observation de l'abondante chronique du pouvoir. Je trouve d'ailleurs qu'elle reprend du galon la Cour, avec ses thuriféraires et ses courtisans, plus que depuis bien longtemps... Marque des temps, à quoi se mesure la taille de l'adoubement ?
Ce qui me frappe, et me navre pour tout dire, c'est d'encore assister à un numéro de duettistes éculé sur le thème essoré - main sur le cœur - de l'indépendance des journalistes "de service" et "de tous temps" (temporel, et aussi climat) à l'égard du "pouvoir en place". Car, je le confirme ici, c'est cela le code secret : à partir du moment ou "le pouvoir EST en place", celui* qui l'occupe est central - ni de gauche, ni de droite, ni du centre. Il est Central au sens de l'indéfectibilité de service(s) dont il peut se garantir désormais. Le débat sera bien cadré.

*celle ? il faudra encore attendre un peu je le crains, quelques décennies pour le moins, et au préalable lever une hypothèque de taille : décliner “prétendant” au féminin, ce qui n'est pas la plus mince des affaires... avec l'allongement de la durée de vie prévisionnelle des dinosaures de service.

21.1.10

comment n'y ont-ils* pas encore pensé


La profondeur d'un regard
c'est un corps qui se dévoile

Post généreusement sponsorisé* par Gaultier, Girbaud, Van Noten, Miyake, Lagerfeld, Castelbajac, McQueen (pour la ligne) et l'Oréal, Clarins, Dior, Ricci, Guerlain, Sisley (pour le maquillage)

14.1.10

Républicain

J'ai assez bien connu Philippe Seguin, dans la seconde partie des années 70. Il était la cheville ouvrière et la tête pensante des premiers Quadra (Longuet, Madelin, Toubon ...) qui allaient par la suite ferrailler - bien seuls à l'époque - à l'Assemblée Nationale (version Fort Alamo) aux premières heures de l'Union de la Gauche triomphante, tentant - non sans un certain succès, d'estime - de retenir avec leurs mains la marée législative rose-rouge. Il y eut ensuite la seconde vague des Rénovateurs, mieux inscrite dans les mémoires, celle enfantée sur les décombres (pour la droite, excepté Paris) des élections municipales de 1989 : Michel Noir, Alain Carignon, François Fillon, Michel Barnier, Dominique Baudis, François Bayrou... et Philippe Seguin. Ils étaient douze, au début ; et onze, avant la fin. Car déjà, l'Europe (Bayrou / Seguin) et de solitaires ambitions, Noir, Seguin, Baudis. Or, à onze, malgré les talents rassemblés, le compte n'était plus ! Manquait la (forte) tête pensante. Car Philippe, c'était vraiment un Intellectuel, au sens plein du terme. Il intellectualisait toutes les stratégies, les prises de position, les combats (externes, mais aussi internes à l'UDR de l'époque), les virages, les controverses... Je me souviens de tant de soirées souvent tardives, passées à discuter, analyser, recouper, dénoncer, s'ériger, pour retomber au petit matin... à la lueur infrarouge du réalisme diurne naissant. Intellectuel, mal aimé (encore que très aimé pourtant) et écorché vif. Et puis il eut son (r)appel de(à) Tunis... (Marrakech en fait), un éloignement, un non engagement (décisif) qui lui a beaucoup coûté par la suite. Il n'a pas été au bout, là non plus. À un moment donné, le compromis, la reconnaissance - oh combien chère à son cœur d'exilé perpétuel - la mesure, l'emportèrent sur le combat véritable sans armure ni parachute. Bien sûr, il eût des récompenses, des plaisirs même (sans doute), un grand ministère des affaires sociales, la cour des comptes, etc. Mais ce que moi j'ai senti, c'est que son heure de gloire fut vraiment ce combat à mains nues lors de la campagne référendaire européenne, dite référendum de Maastricht. Il prononçait Maastrik, comme d'autres avant lui Mittrand. Malgré la promiscuité de Pasqua et Villiers - parfois encombrants, souvent tonitruants - il devenait à force de travail (dossiers y compris) de clairvoyance et d'opiniâtreté, le chef de file du NON. Et il se trouva un jour "enfin" seul, face à face avec le Président ! David contre Goliath. J'ai immédiatement compris, au delà du calcul évident et de la nécessité conjoncturelle, que François Mitterrand était descendu dans l'arène aussi pour rendre hommage à ce combattant singulier. Il eût pu déléguer ce rôle à son Premier Ministre du moment... ou quelque autre thuriféraire. Mais non. Ce jour-là, il fut vraiment Président de plein exercice. Ne se substituant pas - par ailleurs et au quotidien - à son Premier Ministre (aucune confusion des rôles, alors) il n'hésita pas à aller au feu et risquer (mais oui) de se trouer la peau. La chair, la vraie chair politique, celle du sang et des larmes, celle du courage. Et ici, des deux côtés. Pour Philippe, ce 3 septembre 1992 fut son heure de gloire. Il brillait d'incandescence, de remerciement, d'orgueil, et aussi d'humilité. Là, Seguin fut le plus beau de nos Républicains. Et, sincèrement, je fus heureux pour lui... Moi qui votais OUI. Vive la République & So long Philippe !

8.1.10

La forêt qui cache l'arbre

Identité Nationale=identification nationale=carte d'identité=CI, BI, ID
Tentative d'exploration de l'identité Nationale par trois approches ...

vision républicaine
racine : liberté
tronc : égalité
branches : fraternité
feuilles : diversité

 vision géographique
racine : continentale
tronc : cardinal (est-ouest/nord-sud)
branches : convergence
feuilles : universalité
 
vision religieuse
racine : monothéiste (les trois religions du livre)
tronc : polymorphe
branches : polythéiste
feuilles : polychrome
Renée Cox, Io Mama Last Supper,1996

et tout qui se recoupe comme par magie.

La réponse est dans la question, qui elle-même ne se pose pas en tant que telle.

5.1.10

2010=3=équilibre=crises(*)=troisième voie ?

2010 = 3 = Pârques / Grâces / pyramides (Gizeh) / rois mages / principes / lois de la robotique / petits cochons / Allier / jamais deux sans / mousquetaires / podium (marches du) / sœurs / orifices (tête) / ..ième planète (terre) / -cocus (Toulouse) / pommes (haut comme) / et, "la théologie c'est simple comme dieu et dieu font trois" dit Jacques Prévert / et, pour être sûr de bien réussir notre année en toutes circonstances, car - à vaincre sans péril on triomphe sans gloire - ne jamais oublier que : "un nombre naturel est divisible par trois si la somme de ses chiffre en base 10 est divisible par 3. Par exemple, le nombre 21 est divisible par trois (3 fois 7) et la somme de ses chiffres est 2 + 1 = 3" et surtout "Regarder Écouter Lire" comme par exemple, ce Miércoles, 6 de enero de 2010, Alain Touraine*, qui anticipe avec sagacité et clairvoyance dans El País :
"En un futuro próximo, en los proximos diez años, corremos el peligro de ser victimas de nuevas crisis económicas, de un aggravamiento del riesgo ecológico y de una confusión política cada vez mayor (...)" et, conclue : "nos encontramos ante de tres crisis(*) que se refuerzan mutuamente y nada nos garantiza hoy que vayamos a ser capaces de encontrar una solución para cada una de ellas. En otros términos, en vez de soñar de forma irresponsable con una salida a la crisis que suele definirse, demasiado ligeramente, en función de la de la reanudación de los beneficios de los bancos, debemos tomar consciencia de la necesidad de renovar y transformar la vida política para que ésta sea capaz de mobilizar todas las energías posibles contra unas amenazas que son mortales."
Nous voilà bien Armés à présent ! Restez donc avec moi -soyez présents et (ré)actifs- vous et nous ne le regretterons pas.

*sociologue, directeur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

4.1.10

Génération café(s)

Il y en eût des générations et des générations, de qualifiées : Génération Internet, génération Mitterrand, génération écologie, génération pavés (68), génération friquée (hier) vs. génération précaire (aujourd'hui), génération baby boom, génération crac boum (Dutronc), sans oublier les éternelles génération X et génération Y, la régénération comme la dégénérescence, et la toute prête génération spontanée (soit la prochaine). Pourtant, il en est une, non encore qualifiée, qui me convient parfaitement, me colle à la peau et à la déclinaison de tous les temps - elle reste à créer ? si fait, elle existe désormais ! - c'est la "génération café".
C'est là d'où je me sens, là où je suis et là où je vais. Le café est mon complice, mon icône, mon destin, mon paroxysme, le creuset favori de mes contradictions, le havre de Guerre et Paix, l'antre de mes assourdissements, le lieu de toutes les rencontres et de tous les combats (intérieurs surtout), la chapelle des facondes laïques, le lieu du silence personnel dans le brouhaha du monde, l'espace du frottement, de la caresse, du chuchotement, du regard de connivence, de la curiosité ... de tant et temps que la place m'en manque. Oui, je suis pleinement inscrit dans cette Génération Café, qui n'aborde pas le monde dans son institution décrétée sans en rejeter (pour autant) les référents, qui ne se satisfait jamais de l'édit pour courir à l'étonnement, qui qui ...
À suivre certainement, il y a tant à (d)écrire !
Mais et vous-même, qu'en dites-vous ?

photo : le café Tortoni, Buenos-Aires
dessin : Voltaire et Diderot au Procope, Paris 

2.1.10

Dis papa, ça sent quoi finalement ?

J'ai surmonté mon appréhension d'égoûtée en visitant le site officiel du Ministère du Relent National pour tenter de comprendre la justification officielle du lancement public d'un débat sur l'identité nationale française. Ce n'est pas que le sujet ne m'intéresse pas... c'est que le débat, tel qu'initié, me fait peur. Il me fout la trouille, oui, pour tout dire. Et pour un avenir (prochain) qui s'annonce bien sombre... brun ? Ce qui m'a poussé à le faire - me décider à franchir le cap d'une salubre auto protection que je me suis fixé dès l'amorce - c'est en fait Jean Daniel.
L'éditorialiste du Nouvel Observateur constitue, pour moi, au travers ses écrits et prises de position (courageux, de portée universelle, mesurés et souvent singuliers) une référence absolue et quasi incontournable depuis trente ans au moins. Or, le fondateur du Nouvel Observateur a accueilli favorablement l'initiative d'un tel débat, arguant ne serait-ce que parce que ce sujet est largement traité dans les colonnes de l'hebdomadaire (avec courage, etc) depuis fort longtemps et que cette question est centrale, etc etc...*. J'en ai été profondément troublé, je le suis encore. D'où cet article, deux mois jour pour jour après le lancement officiel du "débat". Sur le fond, je comprends parfaitement la position de Jean Daniel - d'ailleurs également celle de Jacques Julliard - mais dans la forme, je ne parviens pas à détacher le sujet de l'objet, et surtout, à en écarter son intention. Pour moi, c'est exactement comme la différence entre homicide volontaire et homicide involontaire : mort avec ou sans intention de la donner ! Ici, c'est avec, incontestablement.
Face à cette marée qui flatte les bas instincts, tout ce qui chez l'homme (je m'inclue) appelle à l'exclusion, au rejet, à la méfiance, à la défiance, je crois qu'il est IMPOSSIBLE de résister à la vague de déchets fétides qui déferle de tous nos ventres repus et satisfaits. Je simplifie, bien sûr, Nord-Sud. Je cite ici, inexactement sans doute mais à point nommé, le proverbe arabe : “On n'arrête pas la mer avec les mains”. Non, je ne crois pas (plus) personnellement qu'il soit possible de "débattre" avec LE PEN. Voilà, cela résume exactement ce que je pense à ce sujet. Ou alors, à la façon TAPIE : on cogne, OK ! Mais qu'est-ce que ca change vraiment finalement, dans les têtes ? Résultat nul, ne reste que le spectacle, panem et circenses. Donc, prétendre "débattre", c'est déjà accorder à la marée le pouvoir de nous recouvrir. Perdu d'avance. Certes, ne m'a pas échappé la subtilité -que j'espère, aussi, Efficace- consistant pour l'hebdomadaire à défendre bec et ongles les valeurs républicaines à longueur de colonnes, avec des arguments cinglants, référents, également prestigieux ou anonymes. Cependant, je n'y crois pas. Ce sale combat est effectivement perdu d'avance. J'espère me tromper, mais franchement, cela m'effraie : cette périlleuse conjonction de nationalisme, de peur de l'autre, de crise économique et sociale, sur fond de certitudes sommaires balancées en plein jour. L'écluse a été ouverte, un niveau recouvre l'autre, c'est imparable. Merci à l'éclusier!
Donc, réellement troublé, j'ai surmonté et ouvert le site officiel... J'y ai trouvé dans son tout premier intitulé : "Les objectifs du grand débat sur l’identité nationale". Aussi, hélas, la confirmation alarmante et flagrante de ce que je pense et crains (oui, cher Jean Daniel, ce débat est "malsain") à travers la simple lecture des trois premières lignes ministérielles :
1ère ligne : "Eric BESSON, Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a ouvert lundi 2 novembre 2009 un grand débat sur l’identité nationale."
2ème ligne : "L’organisation de ce débat constitue l’un des engagements souscrit par le Président de la République lors de la campagne présidentielle, repris dans la lettre de mission qu’il a adressée, avec le Premier Ministre, à Eric BESSON, le 31 mars 2009."
3ème ligne (de fait, la première ligne sur l'objectif du débat): "Ce débat répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations (…)."
Faire un lien entre Identité Nationale et Immigration est (donc vraiment) faire du mauvais esprit (!) détourner la sincérité et la spontanéité avec laquelle a été propulsé le mercenaire préféré pour "valoriser" ce grand thème fédérateur (!) pour "aider" nos compatriotes à "clarifier" leur sentiment (!) de comment être français en 2010 (!) Que du mauvais esprit (français) donc, à y voir un outil particulièrement nauséabond visant à accroître les tensions inter-raciales-ethniques-et-communautaires ...
Ce sera jugé un peu sommaire mais tant pis, parfois il est bon d'appeler un chat un chat, l'intention qui préside à ce débat est de foutre la merde. Et cela ne sent pas bon, mais pas bon du tout !

*je renvoie au site du Nouvel Observateur fort bien fait et très complet

Tout un pan de ma vie qui se dévoile...

2010 Numérologie
Année 8 : GO !*

*ELLE Numéro 3339 du 25 décembre 2009

Morale

Alors que je séjournais en Suisse, il y a peu - voir certains posts récent -, un sondage national* démontrait avec éclat l'attachement des (Trois) Suisses à leur (commune) Identité Nationale : 75% des suisses se déclaraient fermement attachés au maintien du secret bancaire. On coupe les minarets, on cache le magot, rien ne dépasse... c'est propre, c'est calme. De la manière d'éviter les faux débats, un tien vaut mieux que besson tu l'auras.

*le dit sondage a-t-il été simultanément diffusé en France ? dans le doute, je ne m'abstiens pas

1.1.10

Embrassons-nous fol vil

"Rebond des bourses en 2009..." "Progression du CAC 40 de 22,3% en 2009..."Bonne Année, Bonne Année, oui BONNE ANNÉE à ... mais à Nous Tous finalement qui avons SU préserver et "valoriser" toutes nos économies, "investir" sciemment dans les high-produits-hedge-trusts-funds toxico dépendants, nous en mettre plein les poches, tranquille, profitant de l'argent de ces gouvernements bien naïfs qui ont cru à notre perte et nous ont "sauvés" ah ah ah "à bon compte" (belle expression non?) Alors oui, Bonne Année et surtout CONTINUONS LE COMBAT sur cette belle lancée de 2008-2009 et préparons la prochaine crise "systémique" (je rigole je rigole) pour le courant de l'année 2010... Disons, période été/rentrée, cela paraît clairement la fenêtre de tir la plus opportune. Car il faut ANTICIPER notre renflouement, avec tout ce qu'on s'apprête à brûler sur les feux incandescents de la joie spéculative indes/impres/criptible pour la deuxième vague prometteuse. Le pied 2010, le pied ! Et le chômage, en France, qui n'est même pas foutu de "progresser" autant que le CAC 40 : 22,1% en 2009, seulement ! Pourtant ce n'est pas faute de l'avoir encouragé - double mouvement systémique là aussi, encourager le chômage et décourager l'emploi - mais ils sont vraiment trop nuls, même pas capables de réussir un échec ! Allez, encore un petit effort, on y est presque...
Enfin 2010 est là, et tout va s'amplifier avec, bien en perspective, le BUT à atteindre : " Gagner plus en étant moins * ". Et surtout, Ensemble (Ensemble = Entre Nous).
2010, l'année du RENOUVEAU comme il dit. Un peu comme dans la chanson : / for me, for me, for-mi-dable / Mais renouveau, nouvelle France, tout ca... je ne sais pas bien, mais ca a de drôles de relents, non?

*moins nombreux bien entendu